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Cuba : un an après Obama

En ligne le 22 mars

À CubaDans Le Figaro du 21 mars, Hector Lemieux fait le bilan, un an après la visite du président américain, et il constate que projets et capitaux américains tardent à affluer sur l'île :

Ce devait être le nouvel eldorado. Le soir de leur arrivée à La Havane, le 20 mars 2016, Barack Obama et sa femme Michelle sont allés manger au San Cristobal, un restaurant privé, tapissé de souvenirs capitalistes d'avant la révolution. Un symbole fort pour rendre hommage aux 535 000 petits entrepreneurs privés du pays. Si ces "cuentapropistas", ces petits patrons, ne constituent qu'environ 10 % de la population active, les médias américains ont alors aligné les superlatifs sur les opportunités d'investissements dans l'île. Notamment dans le secteur du transport aérien, l'un des rares à échapper à l'embargo depuis le rétablissement de relations diplomatiques entre Washington et La Havane.

Le 2 mai 2016, pour la première fois depuis 50 ans, un bateau de croisière américain accostait à La Havane. Durant l'été 2016, les compagnies aériennes américaines ont effectué les premières liaisons aériennes régulières vers Cuba. Les investisseurs dans le transport ont misé sur l'élection d'Hillary Clinton, qui aurait probablement ouvert Cuba au tourisme de masse en provenance des États-Unis. Malgré une hausse considérable du nombre de touristes que Washington autorise à se rendre à Cuba, les 285 000 vacanciers américains présents à Cuba en 2016 demeurent un marché de niche. Un an après le voyage d'Obama, deux compagnies aériennes américaines, Silver Airways et Frontier Airlines, viennent d'annoncer la suspension de leurs activités sur Cuba dans les prochaines semaines. Frontier a déclaré dans un communiqué que "les conditions du marché ne se sont pas matérialisées". Des croisiéristes comme Carnival ont aussi jeté l'éponge. Enthousiastes dans un premier temps, les investisseurs ont vu trop gros. La rentabilité ne semble pas au rendez-vous.

La promesse de Trump Le futur des relations économiques entre La Havane et Washington est aussi incertain, pour ne pas dire très sombre depuis l'élection de Donald Trump. Le président américain a promis de revoir les accords que son prédécesseur a passés avec Cuba, si Raùl Castro n'ouvre pas son pays au multipartisme. Pour La Havane, le système politique issu de la révolution n'est pas négociable.

Malgré des déceptions et des lenteurs de paiement, les investisseurs européens se placent, notamment les Espagnols, les Néerlandais et les Italiens. Le commerce bilatéral franco-cubain a beaucoup diminué en 2016 par rapport à 2015, passant de 172 millions d'euros à 155 millions d'euros, mais la France a dégagé un excédent commercial de 101 millions d'euros en 2016. Bouygues a construit le plus bel hôtel de luxe de la capitale, l'hôtel Manzana. Si ce 5-étoiles de 246 chambres, qui doit être inauguré très prochainement, est une réussite, bien des investisseurs se heurtent à un problème de taille. Selon la nouvelle loi 118, il est théoriquement possible d'avoir une entreprise entièrement contrôlée par des capitaux étrangers. Mais dans les faits, c'est difficile. Les autorités cubaines ont toujours, par un biais ou un autre, une présence dans la société étrangère. Comme ont coutume de le dire les Cubains, même pour les investisseurs, "No es facil".

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