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l'agent nord coréenKim Jong-nam : rebondissement dans l'enquête

En ligne le 3 mars

La Malaisie a dénoncé l'utilisation de l'agent neurotoxique hautement létal VX en lien avec l'assassinat de Kim Jong-nam. Dans un communiqué daté du 3 mars, le ministère malaisien des Affaires étrangères a déclaré en effet qu'il condamnait dans les termes les plus forts l'utilisation d'une telle arme chimique par quiconque, où que ce soit et quelles que soient les circonstances.

Le ministère a ajouté que son utilisation dans un endroit public représentait un danger pour les personnes alentour. Il n'a cependant pas mentionné qui avait fait usage du VX.

Le ministère a également indiqué qu'il coopérerait pleinement avec l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques, l'OIAC, et qu'il en solliciterait l'assistance technique. L'OIAC est un organe international qui a pour but de mettre en œuvre la Convention sur les armes chimiques.

Le VX est un agent hautement létal qualifié d'arme chimique par cette convention. Sa production, son utilisation et sa possession sont interdites.

Il est clair que cette dénonciation est occasionnée par l'avancée de l'enquête sur l'assassinat de Kim Jong-nam, le demi-frère de Kim Jong-un, dictateur communiste de la Corée du Nord.

L'attention mondiale entier a été attirée sur la participation de deux femmes de l'une de nationalité vietnamienne l'autre indonésienne.

Et le 1er mars Siti Aisyah, une Indonésienne de 25 ans, et Doan Thi Huong, une Vietnamienne de 28 ans, ont bel et bien été inculpées pour l'assassinat de Kim Jong-Nam, mort le 13 février après s'être vu administrer le sinistre agent neurotoxique.

Les deux suspectes, menottées et vêtues de T-shirts, sont arrivées au tribunal sous bonne escorte pour leur première apparition publique depuis leur arrestation voici deux semaines. Elles semblaient calmes pendant qu'on leur signifiait leur inculpation. En cas de condamnation, elles encourent la peine de mort.

Les enquêteurs les accusent d'avoir porté du VX, agent neurotoxique classé comme arme de destruction massive, au visage de la victime. Des images de vidéosurveillance ont montré Kim Jong-Nam approché par-derrière par deux femmes dont l'une lui projette apparemment quelque chose au visage. La victime avait ensuite été conduite à la clinique de l'aéroport avant de succomber pendant son transfert à l'hôpital.

On ignore comment les deux femmes auteurs présumées de l'attaque ont pu survivre à la manipulation du VX. Cet agent est une version plus mortelle du gaz sarin, indolore, inodore et hautement toxique. D'après les autorités malaisiennes, Kim Jong-Nam a succombé à une mort rapide, en moins de 20 minutes, probablement "très douloureuse".

Or, depuis le début de cette affaire aux relents de Guerre froide, la Corée du Sud accusateur le régime communiste du Nord. On cite en effet un "ordre permanent" de Kim Jong-Un pour éliminer son demi-frère. Celui-ci vivait en exil depuis des années mais se montrait critique envers ce régime l'un des plus abominables du monde.

Et le 3 mars, l'agence nationale de presse malaisienne Bernama révélait que la police avait obtenu un mandat d'arrêt à l'encontre d'un ressortissant nord-coréen impliqué dans Le mandat a été établi au nom de Kim Uk-il, qui est employé de la compagnie aérienne nationale nord-coréenne Air Koryo.

La police souhaitait l'interroger ainsi que Hyong Kwang-song, second secrétaire à l'ambassade de Corée du Nord à Kuala Lumpur. Les deux hommes ont été filmés par une caméra de surveillance de l'aéroport le jour même de l'assassinat.

Les enquêteurs pensent que les deux hommes se trouvent toujours en Malaisie et ils ont demandé sa coopération à l'ambassade, sans toutefois nourrir l'espoir d'être exaucés.

Le second secrétaire étant protégé par l'immunité diplomatique, il n'est pas possible de le placer en détention.

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