logo ihs

Maduro et le PapeVenezuela : Quand Maduro en appelle au pape …

En ligne le 8 février

Dans la situation dramatique du pays, Maduro, le 5 février évoquait la possibilité d’une réunion entre des représentants du gouvernement et de l’opposition en présence du pape François. Cela permettrait, considère-t-il,l de relancer un dialogue gelé depuis décembre.

"Une rencontre avec le pape François est en cours d’élaboration. J’espère qu’elle pourra être mise au point", a déclaré Nicolas Maduro lors de son allocution dominicale diffusée par la télévision publique. "J’espère qu’elle aura lieu bientôt et qu’à cette réunion nous et la délégation de la droite nous nous donnerons l’accolade", a-t-il ajouté. Il n’a pas fourni d’indications sur une date possible.

L’opposition est majoritaire au parlement elle souhaite des élections anticipées. Elle accuse le président Maduro d’avoir plongé le pays dans une crise politique et économique. La prochaine élection présidentielle est prévue en décembre 2018, l’actuel mandat de Nicolas Maduro s’achevant début 2019.

Des heurts ont éclaté jeudi 2 février à Caracas entre la police et un groupe de députés vénézuéliens de l’opposition. Ceux-ci tentaient d’atteindre le siège de l’autorité électorale pour réclamer la tenue d’élections locales.

Le Vatican s’est engagé dans un possible dialogue entre les parties en présence au Venezuela. Il entend ainsi reproduire l’action entreprise autour de la Colombie.

En septembre, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, avait déclaré que "l’Église catholique est disposée à contribuer à la résolution de la crise qui frappe le Venezuela". Le cardinal Parolin a été nonce à Caracas de 2009 à 2013.

Le 24 octobre, le pape François avait reçu en audience privée Nicolás Maduro. Par ailleurs, autre point de proximité, le nouveau préposé général des jésuites, Arturo Sosa, est vénézuélien.

À partir d’octobre, des négociations entre le gouvernement du pouvoir chaviste et l’opposition, ont été organisées sous l’égide du Vatican et de l’Union des nations sud-américaines (Unasur). Mais, en décembre dernier, la coalition d’opposition de la MUD (Table pour l’unité démocratique) les a gelés.

Le Venezuela, lbien qu'il dispose des plus importantes réserves pétrolières au monde, traverse une grave crise économique, marquée par des pénuries alimentaires et en médicaments, et par une inflation considérée comme la plus élevée au monde. Selon les derniers sondages, près de 80 % des Vénézuéliens désapprouvent la politique de Maduro.

À Rome, on est moins optimiste que le président vénézuélien sur les chances de renouer le dialogue sous l’égide du Vatican. "Nous avons l’impression que le dialogue est gelé du côté du pouvoir et que celui-ci se sert un peu de la parole de Rome pour continuer à bloquer la situation", confie un observateur du Vatican. Pour l’heure, toujours de source romaine, on envisagerait surtout une aide alimentaire et sanitaire.

Mais si l’Église vénézuélienne tente depuis de longs mois de favoriser le dialogue entre le gouvernement pro-Chavez et l’opposition, elle se dit aujourd’hui victime d’attaques ayant pour but de l’intimider.

Résidences caillassées, messes brutalement interrompues par des groupes à la solde du gouvernement… Le président de la conférence épiscopale du Venezuela (CEV), Mgr Diego Padrón, dénonce une tentative "d’intimidation" de l’Église vénézuélienne, en raison de ses positions critiques envers le gouvernement pro-Chavez.

"Il ne s’agit pas de faits isolés, mais bien plutôt d’événements coordonnés pour intimider l’Église catholique qui a pris des positions très claires à l’égard du gouvernement, en signalant les difficultés et la crise que traverse le pays", a fait valoir Mgr Padron lors d’une interview avec un responsable de l’opposition, Jesús Torrealba, secrétaire exécutif de la Table de l’unité démocratique (MUD).

Parmi les faits rapportés par le numéro un de la conférence épiscopale, les attaques dirigées contre les résidences de l’archevêque de Barquisimento (dans le centre du pays) et d’un membre du chapitre cathédral de Caracas, toutes deux caillassées au cours du mois de janvier.

Le porte-parole de l’opposition a quant à lui rapporté qu’une église située à l’ouest de Caracas a été "encerclée puis occupée par un groupe durant la messe dominicale", avant de "contraindre les fidèles et le prêtre à écouter un discours agressif contre l’Église."

Torrealba assure, par ailleurs, que dans la ville de Maracaibo, dans l’ouest du pays, un prêtre a été interrompu, dimanche 30 janvier durant la messe, par des officiers de la police nationale bolivarienne, "alors qu’il était précisément en train de parler de doctrine sociale de l’Église". Selon le leader de l’opposition, les policiers ont alors tenté de "déloger les fidèles en créant beaucoup de confusion".

Qualifiant ces faits de "graves" et "intolérables", Jesus Torrealba les attribue à des "paramilitaires" pro-Maduro qui recherchaient parmi les fidèles présents des opposants au gouvernement.

Le président de la CEV a finalement appelé les catholiques vénézuéliens à "être très attentifs" et "dénoncer" toutes ces situations "qui ne sont pas isolées les unes par rapport aux autres".

Tweet
Revenir au fil de nos chroniques
→  Recevoir nos mises à jour