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Sigmar GabrielUkraine : France et Allemagne à la recherche du "Format Normandie"

En ligne le 30 janvier

Sigmar Gabriel, intronisé ce 27 janvier à la tête du ministère allemand des Affaires étrangères, s'est rendu à Paris le 28 janvier pour un entretien avec Jean-Marc Ayrault. À l'issue de cette réunion les deux pays ont réaffirmé leur accord sur la nécessité de progrès dans le processus de paix en Ukraine comme condition préalable à une levée des sanctions contre la Russie.

"L'Allemagne et la France ont une position claire sur les sanctions", a déclaré le ministre lors de la conférence de presse donnée avec son homologue français Jean-Marc Ayrault. "Nous souhaitons appliquer le protocole de Minsk. Et c'est la seule manière dont les sanctions pourront être levées", a-t-il ajouté.

Sigmar Gabriel a estimé qu'il était important que Berlin et Paris affichent une position commune forte sur les problèmes actuels. Il a ainsi annoncé que les deux pays allaient créer des groupes de travail pour apporter des réponses aux défis que posent la situation en Ukraine ou l'actuelle politique étrangère russe.

Sur le terrain, le ministère ukrainien de la Défense, avait annoncé, le 27 janvier, la mort de deux soldats dans l'est du pays. Le porte-parole du dispositif antiterroriste du ministère ukrainien, Oleksandr Motuzyanyk, a déclaré, lors d’une conférence de presse, que les séparatistes pro-russes ont attaqué des unités militaires ukrainiennes dans la région du Donbass. Et deux soldats ukrainiens ont été tués dans les zones de Novotochkovtski et de Shirokinuya, dans des tirs d’obus de mortiers des séparatistes, au cours des dernières 24 heures, a-t-il ajouté.

Le porte-parole a souligné que les séparatistes ne permettent pas l'entrée de l'aide humanitaire envoyée par l'Organisation des Nations Unies pour les civils dans l’est de l'Ukraine.

Le 29 janvier c'était au tour du 7e Congrès mondial des Tatars de Crimée réuni à Kiev de dénoncer, dans un communiqué, les agissements de la Russie dans la péninsule, s’érigeant notamment contre les arrestations et la mise en détention d’avocats locaux par Moscou.

Les Tatars de Crimée considèrent que l'arrestation par les autorités russes des avocats Emil Kurbedinov et Nikolai Polozov, constitue une "attaque claire contre le droit à la défense, respecté dans toutes les lois, une violation et une atteinte à la Convention européenne des droits de l'homme". Le même Congrès mondial des Tatars de Crimée a renouvelé sa condamnation des arrestations opérées par le Service fédéral de sécurité russe.

Rappelons que les Tatars de Crimée forment une population d'origine turque vivant, dans la péninsule éponyme, mais aussi dans les républiques de l'ancienne Union Soviétique, les Balkans et la Turquie. En 1944, sous Staline, le régime soviétique a déporté les Tatars de Crimée dans les camps de Sibérie et dans les pays turcophones d’Asie centrale, à l’époque sous l’autorité de l’Union soviétique. Leurs terres et leurs maisons ont été confisquées pour "haute trahison". Près de 300 000 Tatars de Crimée sont morts dans les trains de déportation. La Russie a annexé la péninsule de Crimée relevant de l’Ukraine, à l’issue d’un référendum tenu unilatéralement le 16 mars 2014, sans tenir compte des lois internationales.

Le 18 janvier Poutine, Merkel et Hollande avaient été amenés à discuter de la situation en Ukraine.

Les trois dirigeants sont alors convenu, dans un entretien téléphonique, de donner un nouvel élan aux activités du "Format Normandie" et d’organiser des réunions à différents niveaux durant la période prochaine.

"Format Normandie" fait référence à la réunion semi-officielle ayant eu lieu le 6 juin 2014 lors de la célébration du Débarquement de Normandie, dans le château de Bénouville. Ce jour-là, en fait François Hollande amena Vladimir Poutine contre son gré d'abord à poser pour la photo en compagnie du président ukrainien, puis de lui faire serrer sa main.

"Format Normandie", cela représente ainsi cette configuration diplomatique adoptée pendant la Guerre du Donbass, et rassemblant l'Allemagne et la France, et aussi la Russie et l'Ukraine, cette dernière étant reconnue comme une nation indépendante à part entière, sans interférence d'aucun grand frère dans sa constitution.

Sigmar Gabriel passe pour ne pas utiliser la langue feutrée des diplomates.

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