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Anis Amri, le terroriste tunisienAttentat de Berlin: le parcours d'un islamo-terroriste

Mis à jour le 24 décembre 2016

Anis Amri, le suspect tunisien recherché pour l'attentat de Berlin a terminé sa course à Milan le 23 décembre. Le portrait du personnage n'en prend que plus de relief. Voici ce que l'on savait de lui au 21 décembre.

Toutes les polices européennes recherchent désormais ce Tunisien de 24 ans, soulignait le site de L'Express le 21 décembre après l'attentat de Berlin qui a fait 12 morts lundi. Une récompense de 100 000 euros est offerte pour sa capture.

La traque allemande du suspect n° 1 s'intensifie ce jeudi 21 décembre. La veille, la justice antiterroriste allemande a émis un avis de recherche européen contre un Tunisien, Anis Amri, selon le parquet anti-terroriste allemand. Après l'attaque au camion-bélier sur un marché de Noël de Berlin, revendiquée par l'organisation État islamique, un avis de recherche européen a été émis contre lui. Anis Amri, 24 ans, mesure 1m78 et pèse environ 75 kg. "Il pourrait être dangereux et armé", poursuit le parquet dans un communiqué, précisant qu'une récompense de 100 000 euros est offerte.

Une pièce d'identité a été retrouvée dans un portefeuille sous le siège du camion. Il s'agit d'un document remis à un migrant dont la demande d'asile a été rejetée, sans pour autant qu'il puisse être expulsé. Il a été délivré en avril 2016 dans le district de Clèves, près de la frontière néerlandaise, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

Soupçonné, avant l'attaque de Berlin, de préparer un attentat : "Il y a un nouveau suspect, on le recherche", a déclaré à la presse à Berlin le ministre allemand de l'Intérieur Thomas de Maizière, à la mi-journée. "Un avis de recherche a été émis à minuit pour l'Allemagne, mais aussi pour l'espace Schengen, c'est-à-dire en Europe".

L'homme était déjà soupçonné, avant l'attaque de Berlin, de préparer un attentat, a ajouté le ministre. "Il s'agit d'un individu classé dangereux, que les services de sécurité connaissaient et qui appartenait à la scène islamiste-salafiste", a précisé le député Stephan Mayer, spécialiste des questions de sécurité et présent au côté du ministre.

Plusieurs identités : Anis Amri est né en 1992 à Tataouine, d'après le site du Spiegel. Il se serait fait connaître sous au moins sept identités, selon l'avis de recherche. Il se faisait appeler Ahmed Zaghloul, Anis Amir, Ahmad Zarzour, Ahmed Almasri ou Mohamed Hassa. Selon ses alias, Anis Amri évoquait une nationalité égyptienne, tunisienne ou libanaise.

"Quand j'ai vu la photo de mon frère dans les médias, je n'en ai pas cru mes yeux (...) Je ne peux croire que c'est lui qui a commis ce crime", a réagi de puis la Tunisie son frère, Abdelkader Amri. Mais "s'il s'avère qu'il est coupable, il mérite alors toutes les condamnations. Nous rejetons le terrorisme et les terroristes et nous n'avons aucune relation avec les terroristes."

Radicalisé en prison en Italie ?  : Le père du suspect a confié, dans une interview accordée à Mosaïque FM, qu'il n'avait "quasiment plus de nouvelles", de son fils depuis qu'il était en Europe. "Il ne m'appelle pas, je ne sais pas ce qu'il fait comme travail, je vous le jure. Ça fait 7 ans qu'il est parti, je n'ai même pas son numéro de téléphone", a-t-il assuré, précisant toutefois que son fils était en contact régulier avec ses frères.

"Lorsqu'il était encore ici en Tunisie, il étudiait. Il n'a jamais travaillé. Il a eu un BAC+2 mais ça ne marchait pas fort. Les études ne lui plaisaient pas, il refusait d'être assidu", poursuit-il. Son fils, précise-t-il, a quitté la Tunisie pour entrer clandestinement en Europe il y a sept ans. Il est d'abord passé par l'Italie où il a purgé sa peine de quatre ans de prison "pour vol et pour avoir brûlé une école."

Anis Amri s'est-il radicalisé lors de sa détention en Italie ? Son frère Walid a confié au Wall Street Journal que son frère, qui a purgé une peine de 4 ans ferme en Italie, avait "changé en prison". "Les codétenus qu'il a fréquentés en prison ont modifié sa façon de penser", insiste-t-il.

Après avoir purgé sa peine, Anis Amri se serait directement rendu en Allemagne. "Tout ce que je sais c'est que ça fait un an qu'il était en Allemagne", se rappelle son père.

Une reconduite à la frontière qui n'a jamais abouti : D'après des informations de la Franfurter Allgemeine Zeitung, il faisait déjà l'objet d'une enquête en Allemagne pour soupçon de préparation d'attentat. Considéré comme dangereux, cet homme est soupçonné de liens avec l'organisation État islamique, selon le Spiegel. L'organisation État islamique a revendiqué le 20 décembre au soir l'attentat de Berlin.

Le suspect devait être reconduit à la frontière, après le rejet, en juin dernier, de sa demande d'asile, mais "la Tunisie a d'abord nié que l'homme était tunisien", selon Thomas de Maiziere, et donc refusé toute expulsion sur son territoire. Tunis n'a reconnu sa nationalité que ce le 21 décembre et fourni un document de voyage permettant son expulsion, mais il ne s'agirait d'une simple coïncidence chronologique.

Lié à la mouvance salafiste : Les médias allemands indiquent qu'il fréquentait un islamiste radical, Ahmad Abdulaziz Abdullah. Cet Irakien, connu sous le nom d'Abu Walaa, a été arrêté le mois dernier pour son rôle dans le recrutement de combattants pour l' organisation État islamique. Selon Bild, Anis Amri aurait aussi tenté de recruter des complices, il y a plusieurs mois, afin de commettre un attentat.

En novembre encore, il avait fait l'objet d'un signalement, avant de disparaître. Malgré cette longue liste de suspicions établie aussi bien au niveau fédéral que dans les Länder de Berlin et de Rhénanie du Nord-Westphalie, il a été laissé en liberté par manque de preuve. La presse outre-Rhin se demande ce jeudi comment les policiers et les procureurs ont pu rater autant de signaux d'alerte.

Des preuves ADN ?  :La police a indiqué qu'elle était en train d'examiner plus de 500 indices, parmi lesquels des traces ADN retrouvées dans le camion, des images de vidéo-surveillance et des témoignages divers. Selon la chaîne RBB, l'homme pourrait être blessé. La police aurait fouillé tous les hôpitaux de la région dans le cadre de cette chasse à l'homme.

Le 21 décembre, environ 150 policiers ont perquisitionné un foyer de réfugiés dans l'ouest de l'Allemagne, à Emmerich, où l'homme a séjourné il y a quelques mois, selon des médias allemands. Faute de résultat, les autorités se sont donc résolues à publier un avis de recherche à l'échelle européenne.

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