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Mugabe et Xi Jinping à Harrare le 1er décembre 2015Mugabe homme des Chinois en Afrique

En ligne le 19 décembre 2016

Le 17 décembre Robert Mugabe, âgé de 92 ans, président depuis 1980, a été investi par le parti au pouvoir, l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (ZANU-PF) pour être de nouveau candidat à l'élection de 2018. C'est cette nouvelle et le grand âge du viex dictateur qui a retenu l'attention de quelques méduats français. Elle appelle quelques précisions.

Selon la vice-secrétaire du parti, Eunice Sandi Moyo, les délégués ont démontré leur soutien au président Mugabe "comme candidat unique pour les prochaines élections de 2018".

Des milliers de partisans ont applaudi l'investiture de leur candidat en scandant en shona "tongai, tongai baba", ce qui signifie "dirige-nous, dirige-nous, père".

"Président, vous êtes le principal acteur et, tant que vous serez en vie, vous resterez l'acteur majeur de l'histoire du Zimbabwe" a déclaré Kudzai Chipanga, le chef des jeunes de la ZANU-PF

Malgré son âge et le déclin de sa santé, le président Mugabe n'a pas indiqué quand il quitterait son poste ni désigné de successeur, ce qui a provoqué de la colère au sein de son parti et suscité des manifestations du public.

Le 16 décembre, Mugabe avait accusé des jeunes membres de son parti d'avoir manqué de respect et de discipline, confirmant qu'il y avait eu des luttes intestines chez ses membres. Mais il a assuré que les incidents étaient mineurs.

Il est revenu sur cette question le lendemain dans une courte allocution.

"Nous nous sommes mis d'accord, a-t-il déclaré, pour que les conflits cessent. Les querelles internes doivent finir. Il faut rester fidèle à l'idéologie du parti."

La Constitution, adoptée en 2013, prévoit toutefois que Robert Mugabe ne pourra être élu désormais qu'une fois de plus à la tête de l'État. Des candidats à sa succession pourront donc se manifester avant le congrès de 2019, lorsque le parti se choisira de nouveaux dirigeants.

Le congrès annuel du parti a cependant été boycotté par certains anciens combattants de la guerre d'indépendance. En août, ils étaient descendus dans les rues pour manifester contre le président Mugabe, qu'ils traitaient de "dictateur".

Le Zimbabwe, est un pays ruiné par la gabegie et la corruption de son régime, où 90 % de la population est au chômage, et dont la monnaie nationale a perdu toute valeur. En novembre dernier il a été contraint d'émettre une nouvelle monnaie, des "billets d'obligation".

Or le pays, à la surprise générale, a remboursé ses dettes auprès du FMI qui menaçait de l'expulser. Il n'a pu le faire qu'avec le soutien de la Chine qui, depuis 2011 a considérablement développé son emprise, dans les mines de diamants, dans l'agriculture, etc. au point qu'en décembre 2015 des journaux aussi différents que Le Figaro et Mediapart ont pu penser que le yuan allait devenir la monnaie du pays.

Fidèle allié de la Chine, qui, aujourd'hui comme hier, ne s'embarrasse pas de considérations quant aux Droits de l'Homme, Mugabe l'était depuis 1979 quand l'Union soviétique soutenait ses rivaux dans la lutte révolutionnaire contre le régime de Ian Smith. Il a donc choisi à l'époque la branche adverse du communisme international. C'est avec de tels complices que la Chine de Xi Jinping a entrepris de prendre le contrôle de l'Afrique.

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