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manifestation islamiste à JakartaIndonésie : les manifestations islamistes de Jakarta

En ligne le 2 décembre 2016

En Indonésie désormais, les organisations radicales appellent à l’arrestation du gouverneur de la capitale indonésienne, chrétien d’origine chinoise, pour blasphème.

Il y a dix jours, Jokowi, président de la république, s’était déclaré "déterminé à stopper la montée du radicalisme". Et n’a pas lésiné sur les moyens. Le 30 novembre, des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes à l’appel de la police et de l’armée, les participants priant et chantant pour «appeler à l’unité», et Jokowi a réuni les plus hautes figures militaires, politiques et religieuses pour une réunion de "concorde nationale". Les grandes organisations islamiques se sont désolidarisées du mouvement anti-Ahok, certaines interdisant même à leurs membres de participer à la manifestation. Des panneaux ont été posés un peu partout célébrant la diversité de l’Indonésie, pays musulman le plus peuplé du monde. Des hélicoptères ont lâché des tracts menaçant de poursuites toute tentative de violence vendredi. Environ 22 000 membres ont été mobilisés pour éviter tout débordement à l’issue de la «prière collective» anti-Ahok, mais beaucoup ne seront pas armés en signe d’apaisement.

Cette manifestation, à laquelle ont participé 200 000 militants islamistes revendiqués, intervient quelques jours après l’arrestation de trois suspects liés à l’Etat islamique qui planifiaient un attentat contre l’ambassade de Birmanie à Jakarta, et alors que la colère monte contre la répression des Rohingyas par l’armée birmane. Pour autant, selon Rémy Madinier (1), les mouvements terroriste et conservateur "n’ont pas de lien direct, contrairement à ce qu’a pu sous-entendre le chef de la police. Même si, évidemment, le discours radical antichinois et antioccidental favorise une atmosphère qui peut conduire certains à rejoindre des réseaux terroristes. "

Il y a près d’un an, le 14 janvier, Jakarta avait subi une série d’attaques en plein centre-ville, revendiquées par l’organisation État islamique. Selon Rémy Madinier souligne :"Ce qui est scandaleux, ce sont les accusations de blasphème contre Ahok, qui montrent que la justice est encore sous influence, sous pression. Même s’ils n’arrivent pas à mobiliser des foules considérables vendredi, les islamistes seront quand même arrivés à faire avancer la procédure." Et selon un sondage publié cette semaine, Ahok, qui jusque-là était favori dans la course à l’élection, est passé en deuxième position derrière un de ses rivaux musulmans.

Note : (1) Rémy Madinier est l'auteur du livre L’Indonésie entre démocratie musulmane et islam intégral (Karthala, 2012),

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